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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 17:43
La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne (GF Flammarion)

La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne (GF Flammarion - 300 pages) Traduit par Marie Canavaggia

Préface, chronologie, bibliographie, notes par Serge Soupel 

Titre original : The Scarlet Letter (1850)

Couverture : Lilian Gish dans The Scarlet Letter de Viktor Sjostrom (1926)

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Le livre, publié en 1850 aux USA, eut un grand succès. C'était le premier roman de la tradition américaine. L'on a dit que c'était le chef d'oeuvre de l'auteur. Henry James l'a porté aux nues, le déclarant "beau, admirable, extraordinaire et le plus lugubre de langue anglaise".

Il est le livre d'un pessimiste.

Nathaniel Hawthorne (1804-1864) a été blessé à l'âge de 9 ans. Isolé, il se met à lire avec goût et s'accoutume à l'introspection. Il veut alors devenir écrivain, se coupant du monde autant qu'il le peut, n'étant jamais un homme de son temps, s'intéressant peu à la vie américaine sauf aux époques passées.

"La lettre écarlate" se situe en plein XVIIe siècle puritain et parle d'un adultère et de ses mauvaises suites. Il ne présente que les conséquences de l'acte et le vrai moteur du livre est le "diable".

On l'a comparé à Dickens pour la qualité de ses portraits. Et c'est dans leur goût du conte fantastique qu'Hawthorne et Poe se rejoignent. Et Hawthorne fut le grand ami d'Herman Melville.

(Informations issues de la préface de Serge Soupel.

 

L'histoire est assez simple. Le livre débute en 1642, au moment où l'on exhibe sur la place du marché de la ville très puritaine de Boston (Massachusetts), une jeune femme adultère.

Chapitre II (début - page 69) : "Sur le carré d'herbe devant la prison stationnait donc certain matin d'été, il n'y a pas moins de deux siècles, une foule assez nombreuse d'habitants de Boston qui tenaient tous leurs regards fixés sur la porte de chêne cloutée de fer... (page 70) : Quand la jeune femme, la mère de l'enfant, se trouva pleinement exposée à la vue de la foule, son premier mouvement fut de serrer étroitement le nouveau-né contre elle... (page 71) : Sur le corsage de sa robe, en belle étoffe écarlate et tout entourée des arabesques fantastiques d'une broderie au fil d'or, apparut la lettre A."

 

Hester Prynne est ainsi montrée au lynchage d'une foule euphorique pour montrer combien l'adultère est une faute impardonnable. Elle devra garder cette lettre (A comme adultère) sur elle jusqu'à sa mort. Son bébé s'appelle Pearl et elle va devenir une fille sauvage, née de la honte. Hester refuse de dire qui est le père. Mais son mari revient à Boston et assiste à la scène. Il est médecin des Indiens depuis les années où il a abandonné sa femme. Son nom : Roger Chillingworth. Il voit le jeune prêtre Arthur Dimmesdale et comprend très vite que cet homme pourrait être le père de Pearl. Sans certitudes, il va tout de même tout faire pour que le prêtre "tombe". Ainsi, il aura sa vengeance assouvie. Il s'installe d'ailleurs chez lui et se propose comme son médecin, d'autant que le jeune homme est frêle et faible mentalement. Il se laisse dominer par Roger. De son côté, exclue de la vie locale, Hester se retire du monde et s'installe à la périphérie de la ville. Le roman se déroule sur 7 ans et on voit au fil des mois qu'une certaine "réhabilitation" est possible car en période d'épidémie elle se montre dévouée aux autres, les soignant puis se retirant près de la mer dans sa "cabane". Pearl grandit et Hester est son professeur car elle veut éduquer sa fille pour en faire plus tard une "vraie femme".

 

Action dramatique autour de ces trois personnages principaux qui vont vouloir démêler l'écheveau de ces relations antérieures à la période décrite. Hester ne veut plus être soumise à son mari et veut aussi protéger le fragile Arthur. Elle se montre artiste dans le récit, ce qui la sauve aussi auprès des autres, car elle brode les robes des mortes. Sa lettre écarlate devient belle et elle en détourne le sens par ce biais...

 

Je ne raconterai pas la fin "tragique" de ce drame "romantique" même si le livre étant un classique, le dénouement est généralement connu...

 

C'est un excellent roman très bien écrit, "romantique" oserais-je dire, car il est tragique et montre les états d'âmes de chacun... A lire absolument...

Je terminerai en citant la 4e de couverture qui est un avis très pertinant de l'écrivain franco-américain Julien Green (1900-1998) : "Sur Hawthorne que l'on range parmi les introspectifs, le monde visible exerçait une fascination extraordinaire. Une cheminée fumant sous la pluie, un sourire à peine esquissé sur un visage humain, un bras qui se tendait par une fenêtre, tout lui servait de point de départ pour des méditations en quelque sorte infinies. Ce long regard pensif, lorsqu'il se tournait vers le monde intérieur, y découvrait des rapports secrets entre les desseins des hommes et le jeu délicat d'une volonté souvent incompréhensible qui les domine et les modifie".

 

Bonne lecture,

Denis

Cette lecture se rattache au "challenge US" de Noctambule.

Cette lecture se rattache au "challenge US" de Noctambule.

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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commentaires

Praline 27/05/2014 12:08

C'est un livre qui m'avait plutôt ennuyée hélas.

Denis 27/05/2014 20:49

Il y a des longueurs, c'est certain

Karine:) 14/05/2014 03:17

Lu il y a des années après une visite à Boston... plus de souvenirs, il faudrait que je relise!

Denis 14/05/2014 19:22

Je ne connais pas Boston mais l'esprit a dû changer depuis l'époque du livre. J'espère en tout cas...

Louise 05/05/2014 09:00

Je le note, j'ai envie de lire une histoire qui transporte et celle-ci a l'air parfaite!!

Denis 06/05/2014 20:01

C'est l'univers du puritanisme américain au XVIIe siècle

Malika 02/05/2014 19:13

Ah !!! Depuis le temps que je veux le lire !!!!

Denis 02/05/2014 21:10

C'était pareil pour moi et l'idée de lire les classiques américains me permet de telles rencontres littéraires. A lire, oui, un grand roman "tragique".

valentyne 02/05/2014 10:11

"Beau , extraordinaire et lugubre....."
du coup il me tente bien et je note ;-)

Denis 02/05/2014 21:09

Oui, il faut lire ce roman venu d'outre-mer dans la lignée des grands romans tragiques européens

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