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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 22:41
Argent brûlé de Ricardo Piglia (J'ai lu)

Argent brûlé de Ricardo Piglia (J'ai lu - 224 pages)

Traduit de l'espagnol (Argentine) par François-Michel Durazzo Titre original : Plata Quemada (1997) - Première édition France 2001 -------------------------

Ceux qu'on appelle "les jumeaux", alors qu'ils sont très différents, Brignone et Dorda, viennent répéter le hold-up du camion qui doit livrer le 28 la paie de la mairie. Malito est leur chef, très méthodique, qui ne laisse rien au hasard. L'objectif est d'arrêter le camion, de tuer les 4 hommes qui seront dans ce camion et emporter l'argent. Il rejoignent "le corbeau" et "La Fileuse", un fou de tango.

 

Le hold-up se passe comme ils l'avaient prévu mais en s'enfuyant, dans une folle équipée, ils tuent au passage quelques passants. Ils vont se réfugier dans la planque de Malito. Ils comprennent vite que la police et surtout le commissaire Silva sont sur leur trace au regard des témoignages glanés auprès des témoins de l'impressionnant hold-up. Il convient alors pour eux de se replier vers l'Uruguay et Montevideo comme leur chef l'avait déjà envisagé.

 

Ils se retrouvent ainsi dans un lieu qui leur semble protégé mais c'est sans compter sur la prespicacité des policiers et aussi des hasards de la vie. Une histoire de plaque minéralogique va les faire repérer jusqu'à leur nouvelle tanière. Et un affrontement sans pareille va s'ensuivre...

 

N'oublions pas que ce livre est traité comme un roman policier, ce qui impose de ne pas trop en dire sur l'intrigue.

Les jumeaux et leurs acolytes sont des tueurs psychotiques qui n'ont aucun scrupule. Leur jeune vie s'est déroulée dans la violence, en prison et rien ne peut les arrêter...

 

Récit hallucinant vu à travers plusieurs regards qui se répondent : témoignages, narration de journalistes. Les voix se mêlent avec une telle finesse qu'ils s'inserrent dans le texte sans aucune difficulté de lecture. On se laisse prendre par ce récit et puis, en fin de livre, dans l'épilogue, on apprend que tout est vrai, que les faits se sont réellement passés comme les décrit Ricardo Piglia. C'était comme dans le roman à Buenos Aires en 1965.

 

Début du roman : "On les appelle les Jumeaux car ils sont inséparables. Mais ils ne sont pas frères, ne se ressemblent pas. Difficile même de trouver deux types si différents. Ils ont en commun cette façon de regarder, des yeux clairs, calmes, une fixité perdue dans un regard méfiant. Teint rougeaud, sourire facile, Dorda est lourd, tranquille. Brignone est maigre, leste, léger, il a des cheveux noirs, une peau très pâle comme s'il avait vécu en prison plus de temps qu'il n'en a réellement passé".

 

Page 76, nous avons la description du commissaire Silva, le policier argentin qui aura pour objectif d'avoir leur peau : "Le commissaire Silva était un gros homme aux traits métissés, marqués d'une balafre blanche en travers de la joue. L'histoire de cette cicatrice ressurgissait chaque matin, lorsqu'il regardait son visage dans la glace. Un jeune fou l'avait coupé, sans raison, un soir où il sortait de chez lui. Le morveux lui soufflait dans la nuque, le menaçant d'un couteau, sans savoir qu'il était de la police. Quand il le sut, ce fut encore pire. Le plus difficile, c'est toujours la peur de l'autre, le délire du type qui soudain se sent acculé, sans échappatoire".

 

Vous aurez noté que ce roman a du "style", du "corps", comme j'aime lire la littérature, celle qui sait par le style, par le ton, nous emporter au-delà de la seule histoire racontée.

 

En résumé, un grand livre qui saura plaire tant aux lecteurs de polars qu'aux amateurs de littérature...

Bonne lecture,

 

Denis

Livre lu dans le cadre du challenge "Mars 2014 - le mois Argentine"

Livre lu dans le cadre du challenge "Mars 2014 - le mois Argentine"

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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Valentyne 30/03/2014 07:46

Tu sais être convaincant
Le passage sur le commissaire Silva est percutant
Bon dimanche :-)

Denis 30/03/2014 11:59

Peut-être, oui, mais les personnages sont dans l'esprit qu'il les décrit. Et Silva est un "ripoux" qui veut leur peau par tout moyen, torturant par exemple ceux qui ont approché les voleurs.

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