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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 18:21
La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)

La Muette d'Alexandre Lacroix

(Don Quichotte Editions - 205 pages - août 2017)

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Elsa est née en 1921 à Lyon. En 1943 elle aimait Albert et lors d'un rendez-vous dans leur bar habituel il n'est pas venu et ce sont deux hommes qui ont "cueilli" Elsa la juive. Et c'est ainsi qu’à l’été 43 elle s'est retrouvé à Drancy où elle a été répertoriée "catégorie B, immédiatement déportable".

Dans ce même Drancy, de nombreuses années plus tard, un jeune homme, Nour, amené à appeler la police a été aussitôt déclaré présumé coupable et menotté avant d’être conduit au commissariat où il s'est montré forte tête avant d'accepter de parler à un inspecteur. 

Nour veut bien expliquer cette journée à la Muette à condition qu'on laisse tranquille sa pauvre mère qui parle à peine français.

La Muette était encore en chantier quand elle a servi de camp. Rien n’était achevé. Heureusement Elsa a trouvé de l’amitié dans sa chambrée avec Josèphe et plus encore avec Louise avec qui elle partageait la couche et la couverture.

Nour est ami d'enfance avec Samantha (Sam) et Jamie. Ils ont tout partagé même leurs premiers émois amoureux ensemble. Sam a préféré Jamie mais à présent quand Jamie part travailler Nour vient rejoindre Samantha.

Louise a pris un amant tchèque Marek ce qui déplait à Elsa. Elle s'improvise institutrice pour apprendre les rudiments de l’écriture et du calcul, ce qui lui donnera par la suite la vocation d’institutrice.

Quant à Nour il a été peiné par le suicide de Bernard un des derniers français à vivre à la Muette. Il avait été entre autre obsédé par le portrait d'une femme, dessiné dans sa cave et daté août 1943. La drogue a fait partie de leur quotidien surtout pour Samantha.

Les caves étaient un lieu de torture et Louise y eut droit après que sa liaison avec Marek ait été dénoncée auprès des allemands.

Ils savaient à Drancy que la destination finale serait en Pologne sans connaître le nom exact du lieu où ils iraient. Alors ils l’appelaient Pitchepoï...

 

Deux voix à plus d'un demi-siècle d'intervalle parlent d'un même lieu : la Cité de La Muette à Drancy, que vous pouvez découvrir dans les deux photos ci-dessous :

La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)
La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)

Un monument, lieu de mémoire, a été installé. Mais l'enfer reste présent ici.

L'auteur, Alexandre Lacroix, par ailleurs directeur de "Philosophie Magazine" explique dans une "note de l'auteur" en fin de roman les motivations et le "travail" accompli pour faire vivre cette cité maudite au plus prêt de la réalité.

Page 205 : " En entrelaçant le discours d'une survivante et celui d'un jeune homme d'aujourd'hui, j'ai voulu montrer ensemble les deux dimensions de la cité, son passé tragique et son présent pesant. Je ne considère pas que ces deux types de malheur sont équivalents ni même comparables, que les victimes d'hier et les exclus d'aujourd'hui subissent le même sort, et cependant il y a une continuité souterraine entre les époques".

 

Le livre fait alterner les récits, celui d'Elsa, au langage châtié qui s'adresse à un historien et celui de Nour, au langage vert et verlan, qui répond aux questions d'un inspecteur de police.

Je ne révèlerai bien sûr pas l'issue des récits de chacun. A vous de les lire dans ce roman intense, prenant et qui restitue bien la problématique de la vie à La Muette à chaque époque évoquée.

Un seul bémol qui m'a gêné :Nour dit être allé à un spectacle de Dieudonné, un type "bien" qui parle au nom des paumés des banlieues :

Page 115 : "Dieudo, il s'intéresse à nous. faut regarder les choses en face, inspecteur: moi, j'ai grandi au quartier. Qu'est-ce que tu crois que je vais pouvoir faire de ma life ? Est-ce que t'imagines qu'un jour je pourrais décoller de la cité et aller vivre ailleurs ? ".

Il dit même merci à Dieudonné !!

L'inspecteur ne fait pas arrêter Nour sur cette narration de l'ambiance autour du spectacle qui s'étale sur presque dix pages et qui n'apporte vraiment pas grand chose au récit de ce qui s'est passé "ce jour-là", objet de l'interrogatoire.

Malgré cette réserve qui m'est très personnelle c'est un roman de la rentrée 2017 à lire si vous aimez l'Histoire et la confrontation des époques dans un lieu sordide, lieu de mémoire !

Merci à Aurélie de  Don Quichotte Editions de m'avoir envoyé ce roman.

La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)
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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 10:35
Citation sur la bibliothèque en forme d'hommage à Gonzague Saint-Bris

En hommage à Gonzague Saint-Bris (1948 - 2017) amoureux des livres, du romantisme et de l'Histoire.

 

Si vous aimez lire des citations d'écrivains, rendez-vous sur la page Facebook de Fabienne  créa citations de Fab76

 

Citation sur la bibliothèque en forme d'hommage à Gonzague Saint-Bris
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 16:52
Greenland d'Heinrich Steinfest (Carnets Nord)

 

Greenland d'Heinrich Steinfest

(Carnets Nord - 278 pages - mars 2017)

Traduit de l'allemand (Autriche) par Corinne Gepner

Titre original : Das grüne Rollo (2015)

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Le narrateur, Théo, a dix ans et vit dans un appartement où ses parents ont décidé qu’il n’y aurait aucun store, volet et rideau, la famille n'ayant rien à cacher à personne.

Et une nuit il voit apparaître comme un store vert avec la mer en toile de fonds avec une pointe de ciel. Tout disparaît quand il allume la lumière.

Chaque nuit à 23h02 réapparaît le store vert et le monde de Greenland comme le baptise le narrateur.

Cette nuit il a tout fait pour sauver une fillette prisonnière des hommes aux yeux de jumelles. De retour dans sa chambre il s’aperçoit que le couteau qui lui a servi à couper la corde qui arrachait la fille est dans sa chambre. Il le dépose dans la cuisine au matin.

Quand il retourne à Greenland il trouve un mot de la fillette avec son prénom Hélène et une adresse. Un routier, Bela, le conduit et il s’aperçoit qu’Helene est un chien et la fille s’appelle en fait Anna disparue depuis deux ans. Mme Leflor, la mère, décide de retourner sur les lieux où Théo l'a vue et Bela les y conduit. Mais très vite il se retrouve seul avec son couteau qu'il a appelé Lucian. Et tous deux après un passage en cuisine arrivent au bord d'une piscine dans laquelle Anna est en train de nager attachée à une corde. Une nouvelle fois le couteau fait son travail et permet de libérer Anna. Tous trois s’enfuient sous l’œil aux jumelles des hommes rassemblés autour de la piscine.

Théo rentre dans son monde avec Anna ce qui n’étonne pas sa famille car elle serait sa sœur.

Quarante ans plus tard, en 2050, Théo, astronaute, part en exploration direction Mars. Il a été marié à une caissière Sophie qui lui a donné cinq fils. Il s'est remarié plus tard avec Annabell...

 

Vous aurez compris que l'on est dans une drôle d'histoire ici mais l'auteur est habitué à nous surprendre en créant des univers, des ambiances qui sont totalement innovantes. C'est là son grand charme.

L'éditeur nous aide à distinguer les deux mondes, car toutes les pages qui se passent dans "Greenland" sont écrites à l'encre verte, celles de "notre monde" en couleur habituelle : noire.

Vous verrez, en lisant ce livre, que vous ne serez pas au bout de vos surprises... Je n'en dirais pas plus...

Page 12 : "Je repoussai prudemment la couette. Je vis aussitôt que quelque chose avait changé. La lumière était différente. Pas blanche, mais verte. Devant la fenêtre s'étalait le rectangle d'un panneau de tissu plus sombre que clair, mais la vive clarté de la lune propageait dans la pièce une grande partie de ce vert - un vert bouteille, pour la couleur et l'éclat. Je me serias cru dans une serre".

 

L'écriture est majestueuse et le récit totalement maîtrisé.

Merci à Fleur de Carnets Nord de m'avoir adressé ce roman d'un auteur que j'apprécie particulièrement. C'est le cinquième roman publié par l'éditeur depuis 2011. Une fidélité bien méritée pour un éditeur qui ne cherche jamais la "facilité" et a une réelle exigence littéraire.

Je vous renvoie également vers mon article sur "Requin d'eau douce" et "le poil de la bête".

 

Bonne lecture,

Denis

 

Greenland d'Heinrich Steinfest (Carnets Nord)
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 15:55
Tableau de 1838

Tableau de 1838

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 10:54
Condor de Caryl Ferey (Gallimard - Série Noire)

Condor de Caryl Férey

(Gallimard - Série Noire - 413 pages - février 2016)

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Gabriela, d’origine mapuche, est étudiante en cinéma à Santiago. Elle participe à une manifestation un soir en tant que photographe et est troublée quand elle retrouve son amante Camila devenue députée et émeutière à 29 ans.

Gabriela vit chez Stefano, un "retornado" rentré au Chili pour rouvrir un cinéma de quartier. C’est ainsi qu'il a connu Gabriela une de ses clientes assidues. Il lui a offert un coin pour dormir, elle qui est d'une réelle pauvreté.

Un dimanche matin ils vont dans le quartier La Victoria où Ils font une projection tous les dimanches. Brusquement, la séance est interrompue car un jeune adolescent est retrouvé mort. Le quatrième de la semaine. C’est suffisant pour créer un lynchage de la police par les habitants du quartier. Sur la video que Gabriela a faite du cadavre, elle voit comme des traces de drogue. Elle demande alors à Camila de lui donner un nom d’avocat. Elle lui donne celui de son amant, Esteban.

Gabriela tombe sur son étrange associé, Edwards, avocat fiscaliste, qui vient de se mettre dans de drôles de mains, des mafieux liés au groupe Condor qui autrefois tua son père réfugié à Buenos Aires après le coup d’état de Pinochet.

Esteban écrit pendant ses vacances et il vient de rentrer quand son associé lui parle de Gabriela. Ils se rencontrent le jour même et il accepte de l’aider. Ils partent aussitôt enquêter à La Victoria en compagnie du Père Patricio et de Stefano. Ils arrivent jusqu’à un jeune dealer qui détient de la cocaïne. Étrange dans ce quartier pauvre qui ne pourrait jamais acheter une telle drogue !

Gabriela passe la longue soirée avec Esteban. Edwards est arrivé ivre à cette même soirée puis rentré chez lui il appelle Esteban car il veut lui révéler qu’il est en contact avec des anciens membres de Condor. Comme il est sur écoute l'alerte est tout de suite donnée.

L’analyse de la drogue montre que c’est de la cocaïne presque pure. Aussitôt l'alerte est donnée aux autochtones via la TV locale animée par le père de l'ado mort, Cristian.

La suite est à découvrir en lisant ce livre dense, intense aussi où le passé, celui du coup d'état du 11 septembre 1973 et de ses suites : meurtre de Victor Jara dans le stade de Siantiago, la torture pratiquée dans la "Villa Grimaldi"... Tous événements que Stefano a vécu. Il retrouve certains de ses tortionnaires, les hommes de main de Pinochet et sa "clique".

Caryl Férey sait nous restituer l'ambiance de plus en plus angoissante autour de cette histoire de drogue, gérée par ces anciens de "Condor". Le livre est très documenté et maîtrisé de bout en bout par l'auteur.

 

L’opération Condor (en espagnol : Operación Cóndor) est le nom donné à une campagne d'assassinats et de lutte anti-guérilla conduite conjointement par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, avec le soutien tacite des États-Unis au milieu des années 1970. Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine — dirigées à Santiago du Chili par Augusto Pinochet, à Asuncion par Alfredo Stroessner, à Buenos Aires par Jorge Rafael Videla, à Montevideo par Juan Bordaberry, à Sucre par Hugo Banzer et à Brasilia par Ernesto Geisel —, ont envoyé des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France[1], Italie, Portugal, Espagne...) et aux États-Unis (phase 3 de l'opération Condor, qui culmina avec l'assassinat d'Orlando Letelier, ancien ministre de Salvador Allende, en septembre 1976 à Washington D.C.).

(source Wikipedia)

 

Un livre à lire absolument pour plonger dans l'univers chilien...

(Merci à Fabienne de m'avoir offert ce livre repris dans le coffret "Condor Live" qui contient en plus un CD du spectacle imaginée par Bernard Contat et Caryl Férey - magnifique complément)

Bonne lecture,

Denis

 

Condor de Caryl Ferey (Gallimard - Série Noire)
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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 11:24
Un peintre, un tableau : La Montagne Sainte Victoire vue de Bellevue par Paul Cézanne

Cette toile de Paul Cézanne (1839-1903) est l'une d'environ 80 toiles inspirées au peintre par la montagne Sainte-Victoire qui lui était familière depuis sa jeunesse.

Pour rappel, il est né à Aix-en-Provence, non loin de cette montagne.

Je vous renvoie vers un site très intéressant pour approfondir le sujet :

http://www.amisdesaintevictoire.asso.fr/la-montagne-sainte-victoire-et-cezanne.html

Denis

Paul Cézanne en 1861 (image Wikipedia)

Paul Cézanne en 1861 (image Wikipedia)

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 15:30
Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik (Flammarion)

Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik

(Flammarion - janvier 2017 - 228 pages)

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Nina vit seule avec son fils Roman dans le ghetto de Wilno. On est en 1925. Mise en faillite, Nina doit vendre sa collection de livres et elle ne songe plus qu’à partir loin d'ici où, bien que juive, elle n’a aucun espoir. Elle rêve de la France.

Abandonnée de son mari et après la perte de Joseph son fils aîné elle n'a plus rien à faire dans ce pays misérable. Roman n'a pas forcément la même vision de son avenir, prêt à faire le métier de son père, fourreur.

Le père, Arieh Kacew, réapparaît pour dire à Nina et Roman que la pension va être sérieusement diminuée car il va être une nouvelle fois père. Roman espère que son père va lui annoncer son retour à la maison. Il lui dit d’ailleurs qu'il voudrait être fourreur comme lui ce qui ravit son père. Ce dernier n'a pas eu la force de lui dire pourquoi il était venu.

Le lendemain Roman décide de faire l’école buissonnière et déambule dans les rues de Wilno y faisant trois rencontres qui l’aident à réfléchir sur le sens de la vie.

 

 

Deux jours dans la vie de Romain Gary (1914-1980), alors qu'il a neuf ans. Ce sont les 26 et 27janvier 1925.  Laurent Seksik nous plonge dans le ghetto de Wilno (Vilnius - Lithuanie). Wilno est alors incorporée à la Pologne, suite à la Grande Guerre.Romain Gary y est né en 1914. Il en partira avec sa mère en 1928, le reste de sa famille qui demeura à Wilno fut exterminée en 1943, comme le montre l'auteur dans son épilogue.Romain Gary s'appelle encore Roman Kacew au moment des faits racontés dans le roman.

Laurent Seksik nous fait entrer de plein pied dans l'époque et dans le cerveau des deux principaux protagonistes : Nina (de son vrai nom Mina) et Roman, sans oublier le père qui compte beaucoup pour Roman, ce que l'Histoire a eu tendance à oublier...

Deux êtres qui se sont tant aimés et dont on connaît l'ascendant de la mère sur le fils. On sent déjà que Roman n'entend pas se laisser autant influencer qu'on voudrait bien le croire. A 9 ans, il est déterminé à connaître l'environnement dans lequel il vit. Il fait des rencontres déterminantes qui vont lui ouvrir de nouveaux horizons.

Le roman se lit avec grand plaisir et nous introduit dans l'univers du futur Gary - Ajar, nous donnant plus que jamais envie de lire ou relire cet écrivain au destin original.

Merci à Fabienne de m'avoir offert ce livre qui aura été un grand bonheur de lecture à l'ombre du soleil gardois.

Bonne lecture,

Denis 

Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik (Flammarion)
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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 11:23
Citation de Jules Renard sur la lecture
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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 17:45
La petite fille au dé à coudre de Michael Köhlmeier (Jacqueline Chambon)

La petite fille au dé à coudre de Michael Köhlmeier

(Jacqueline Chambon - février 2017 - 111 pages)

Traduit de l'allemand par Marie-Claude Auger

Titre original : Das Mädchen mit dem Fingerhut (Munich - 2014)

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Une sacrée belle découverte que ce court roman de l'auteur allemand Michael Kôhlmeier, né en 1949, dont Jacqueline Chambon (Actes Sud) publie ici un quatrième livre.

La fillette à six ans et son oncle lui dit d’aller passer la journée dans la boutique de Bogdan ce qu'elle fait sans déroger à ses consignes. Bogdan lui donne à manger puis e soir elle s'échappe et rejoint son oncle et ils rentrent au foyer où ils sont hébergés. Mais un soir l’oncle n'est pas là pour la récupérer.

Alors elle va errer dans les rues, cueillie par la police et mise dans un orphelinat dont elle s’évade en compagnie de deux jeunes garçons. Nouvelle errance dans le froid glacial de l'hiver en terre inconnue. C’est alors que l’on apprend son prénom, Yiza et celui de ses compagnons de fuite, Arian et Schamhan. Ils prennent bien soin d'elle mais invariablement ils se retrouvent au poste de police sans rien connaître de la langue dans laquelle on leur parle.

 

Un livre de l'errance et de la découverte du monde "cruel" des adultes, vus par le regard d'enfants égarés, perdus, orphelins de toute famille à qui se raccrocher. Leur amitié est leur force. Ils sont également isolés dans leur langue qui n'est pas celle de la région dans laquelle ils errent.

 

Page 60 : "Ils étaient assis côte à côte dans le car de police, tournant le dos au conducteur, en face d'eux était assis un agent. Ils ne voyaient son visage que dans les phares des voitures qui venaient de l'autre côté. La fenêtre du passager dans leur dos était grillagée. Arian et Yiza ne comprenaient pas la langue de l'agent. Ils ne pouvaient pas répondre. Schamhan comprenait les questions mais faisaitt semblant de ne pas comprendre. // Sans regarder Arian et Yiza, il dit : Parlez pas. Le regardez pas. C'est le mieux. Il le dit une fois dans la langue de Yiza puis dans la langue d'Arian. L'agent ne connaissant ni l'une ni l'autre, il pensa que c'était une et même langue".

 

Un très grand texte qui prouve une fois de plus que ce ne sont pas les livres les plus longs qui sont les meilleurs. On peut écrire des bijoux littéraires en quelques pages.

 

Un méga coup de cœur qui nous rappelle que la littérature de langue allemande n'est pas à oublier car elle a toujours su nous donner des auteurs d'envergure.

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

 

La petite fille au dé à coudre de Michael Köhlmeier (Jacqueline Chambon)
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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 16:03
Albert Camus, soleil et ombre de Roger Grenier (Folio)

Albert Camus, soleil et ombre - une biographie intellectuelle

par Roger Grenier (Folio - 410 pages -mars 1991)

Première édition : Gallimard 1987

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Roger Grenier (né en 1919) a été un des grands amis d'Albert Camus (1913-1960). Il a eu l'idée de publier un livre passionnant en 1987, reprenant l'intégralité des livres parus d'Albert Camus, sous deux regards : celle de l'ami qui rapporte des "anecdotes" sur la vie de l'écrivain et celle de l'écrivain - journaliste qui analyse les oeuvres une à une, dans l'ordre de leur publication de 1932 à 1959.

Dans son introduction, Roger Grenier précise que "soleil" et "ombre" peuvent caractériser et résumer  l'oeuvre de Camus :le soleil est la place des pauvres et l'ombre celle des nantis.

"La présente étude n'a pas d'autre objet que de l'accompagner dans son itinéraire, et pour ainsi dire pas à pas. Plutôt que de suivre les plans architecturaux qu'il se plaisait à composer, il m'a semblé qu'on retrouvait mieux le courant de l'oeuvre en la suivant tout simplement du premier au dernier livre, comme on suit une rivière depuis sa source". (Page 11-12)

Je recommande chaleureusement ce livre à tous ceux qui ont envie de découvrir (ou redécouvrir) l'oeuvre et l'homme Camus, comme si vous cheminiez à côté de Roger Grenier.

Et bien sûr, l'idéal est d'en profiter pour lire (ou relire) ses oeuvres avec l'éclairage de ce livre.

Bonne lecture,

Denis 

 

Albert Camus, soleil et ombre de Roger Grenier (Folio)
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