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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 11:52
Philippe Jaccottet : Oeuvres (Gallimard - Pléiade)

Oeuvres de Philippe Jaccottet

(Gallimard - Pléiade - janvier 2014 - 1630 pages)

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Philippe Jaccottet, né en 1925 à Moudon en Suisse vient de décédé à l'âge de 95 ans.

Son oeuvre restera assurément celle d'un poète suisse important. Il aura aussi marqué son époque par ses traductions de grande ampleur. En témoigne, sa traduction de "L'homme sans qualité" de Robert Musil (environ 2 000 pages d'un étonnant roman autrichien).

Il a obtenu en 2003 le prix Goncourt de la poésie, créé en 1985, lequel a distingué les plus grands poètes des XXe et XXIe siècle, tels Jouffroy, Bonnefoy, Velter, Andrée Chedid, Goffette, Juliet...

Il est entré dans la prestigieuse Pléiade de son vivant en 2014, rare privilège. Ainsi, Jaccottet a participé à la conception de ce volume. Il a souhaité que ne figure que les oeuvres de création, n'y incluant pas les ouvrages critiques, les proses de voyage ou les recueils d'article. Ce ne sont donc pas des "oeuvres complètes".

Prose et poésie forment ce volume. "Les semaisons", par exemple, sont ses carnets qui parcourent ce "recueil" au fil des années.

Voici le poème qui ouvre le recueil "L'effraie" de 1953 :

 

                      L'effraie

La nuit est une grande cité endormie

où le vent souffle... Il est venu de loin jusqu'à

l'asile de ce lit. C'est la minuit de juin.

Tu dors, on m'a mené sur ces bords infinis,

le vent secoue le noisetier. Vient cet appel

qui se rapproche et se retire, on jurerait

une lueur fuyant à travers bois, ou bien

les ombres qui tournoient, dit-on, dans les enfers.

(Cet appel dans la nuit d'été, combien de choses

j'en pourrais dire, et de tes yeux...) Mais ce n'est que

l'oiseau nommé l'effraie, qui nous appelle au fond

de ces bois de banlieue. Et déjà notre odeur

est celle de la pourriture au petit jour,

déjà sous notre peau si chaude perce l'os,

tandis que sombrent les étoiles au coin des rues.
 

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Bonne lecture,

Denis

Philippe Jaccottet : Oeuvres (Gallimard - Pléiade)
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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 22:08
Citation de Stefan Zweig sur les vertus d'être calme

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 17:00
Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier (Editions de Minuit)

Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier

(Editions de Minuit - août 2020 - 640 pages)

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Fabuleux roman en forme de thriller dont il est difficile de s'arrêter avant ce flux de 640 pages.

On a vite affaire à un huis clos dans un hameau de 3 maisons : une est habitée par Patrice Bergogne, son épouse Marion et leur fillette Ida ; une est occupée par Christine, artiste peintre de 69 ans qui venait souvent ici avant d'acheter la maison et de s'y sentir bien pour peindre. Elle fait presque partie de la famille tellement elle s'entend bien avec Ida. Par contre, elle a du mal à apprécier Marion. Quant à la troisième maison, elle est à vendre.

Christine vient de se rendre à la gendarmerie car elle reçoit régulièrement des lettres anonymes.

Et aujourd'hui est une journée particulière car elle va se terminer avec la célébration du 40e anniversaire de Marion. Tout le monde s'y est préparé : Ida a fait des dessins avec Christine ; Christine prépare les gateaux et Patrice est allé en ville chercher le cadeau de Marion. Pendant ce temps, Marion est à son travail et doit avoir une réunion importante qui peut mettre en péril son avenir dans l'imprimerie. Elle est soutenue par ces deux collègues de travail, qui sont d'ailleurs conviées à venir le soir manger le gâteau chez les Bergogne.

Seulement, les choses sont vite changer de tonalité quand survient un homme chez Christine. Elle ne connaît pas l'homme et est surprise qu'il lui dise qu'il vient visiter la maison à vendre alors que Christine qui en possède la clé est toujours informée des visites. Cette fois, elle n'a eu aucune information si bien qu'elle refuse de montrer la maison à cet homme.

Il repart mais c'est pour mieux revenir et cette fois il n'est plus seul. Son frère est là aussi. Un troisième frère surviendra un peu plus tard et tout va sérieusement se compliquer.

L'auteur entretient à la perfection le suspens, passant d'un personnage à un autre pour raconter dans le détail les instants qu'ils vivent et ce qu'ils pensent. Ainsi, dès qu'une situation se tend, on repart vers un autre personnage jusqu'à ce que se forme le huis-clos qui deviendra le "bloc" narratif.

Je ne peux rien dire de plus pour ne rien divulguer de l'intrigue qui nous tient et dont on pense encore une fois le livre terminé. Le livre aurait fait 1 000 pages que le lecteur ne se serait pas lassé de suivre le fil de ce texte tellement bien écrit.

J'ose parler d'un chef d'oeuvre tellement ce livre est riche.

Bonne lecture, indispensable pour les amoureux de littérature de haute qualité,

Denis

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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 12:13
Enfin le royaume - quatrains - de François Cheng (Gallimard)

Enfin le royaume - quatrains - de François Cheng

(Gallimard - janvier 2018 - 155 pages)

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Présentation de l'éditeur :

"Forme brève, mais moins abrupte que le haïku, le quatrain ne s'en tient pas au lapidaire, il sait donner du rythme à la pensée, à l'émotion, à la surprise, il sait initier un questionnement, amorcer une méditation, esquisser un chant.
À la suite des poètes chinois des origines, mais aussi d'Omar Khayyâm et d'Emily Dickinson, François Cheng atteste ici du pouvoir singulier de ce mode d'expression resserré, pourtant si peu enclos, si ouvert aux résonances, aux errances fertiles, voire à une manière salutaire d'envoûtement simple."

 

Près de 150 quatrains composent ce recueil de François Cheng, né en 1929, d'origine chinoise, naturalisé français en 1971 et membre de l'Académie Française depuis 2002.

Le recueil débute ainsi :

"A ceux qui habitent la poésie" 

 

Tu ouvres les volets, toute la nuit vient à toi,

Ses laves, ses geysers, et se mêlant à eux,

Le tout de toi-même, tes chagrins, tes émois,

Que fait résonner une très ancienne berceuse.

 

Et il se termine ainsi :

 

"Envoi"

 

Ne quémande rien. N'attends pas

D'être un jour payé de retour.

Ce que tu donnes trace une voie

Te menant plus loin que tes pas.

 

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Une fin en forme de feuille de route au terme de ces quatrains où l'on irait de la nuit vers la lumière.

Des instantanés pour réfléchir sur notre destin d'être humain ouvert vers l'univers qui nous entoure.

Bonne lecture,

Denis

 

 

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 16:21
Mères de Théodora Dimova (Syrtes - poches)

Mères de Théodora Dimova (Syrtes Poches - janvier 2019 - 204 pages)

Traduit du bulgare par Marie Vrinat - première édition française 2006

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Andreia, Lia, Dana, Alexander, Nikola, Deyann, Kalina ont un point commun : ils sont adolescents, ont 14 ans et sont dans la même classe avec sept autres élèves, tous disciplinés autour de leur professeure, Yavora, qu'ils vénèrent.

Et tous ont rendez-vous avec Yavora pendant la finale de coupe du monde de football. Une coupe du monde que tous les parents des adolescents ont hâte de voir.

Ce roman présente les sept principaux adolescents dans leur contexte de vie à Sofia, une vie souvent difficile avec des parents déchirés ou absents.

Par exemple, Andreia vit avec une mère dépressive et un père qui vit surtout chez sa maîtresse; Lia voudrait être danseuse mais partir étudier à Paris est trop coûteux et son père refuse un prix littéraire avec l'argent sale des mafieux bulgares; Dana vit avec un père ivrogne et chômeur pendant que sa mère est partie vivre en Grèce comme dame de compagnie...

Sept parcours chaotiques et tous se confient à un moment ou à un autre à Yavora très disponible pour eux et porteuse souvent de bonnes nouvelles pour que ces jeunes ados puissent s'épanouir.

Mais on pressent qu'il va se passer quelque chose avec Yavora, car à chaque fin de partie concernant le parcours de chacun d'eux, ils sont confrontés à un interrogatoire de police.

Dans la postface au roman, l'auteure raconte qu'elle s'est inspirée d'un fait réel qui a concerné des adolescents de 14 ans  mais je n'en dis pas plus pour ne pas tuer le suspens de ce magnifique roman.

Pour moi, ce livre s'apparente à un chef d'oeuvre tellement la narration est brillante, tombe juste tout le temps avec de longs temps de phrases qui s'enchainent sans passage à la ligne et qui pourraient s'assimiler à des litanies. On vit au cœur de la vie de chaque adolescent prisonniers de ces mots terribles qui racontent ces vies au bord de l'asphyxie dans un pays tout aussi oppressant.

 

A lire absolument,

Denis

Mères de Théodora Dimova (Syrtes - poches)
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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 16:23
Lectures 2020 orientées numérique

On aime souvent faire des bilans concernant l'année précédente, ce que je n'aime pas spécialement faire.

Cependant, cette année 2020 a eu un goût bien amer : fermeture des librairies, des médiathèques, livres papier devenus "dangereux" car véhicules d'un certain virus qui empoisonne tout ce que l'on fait, touche, rencontre... D'où de dures restrictions de liberté.

Alors, la lecture, comme tout le reste, a été impactée en 2020 par les contraintes sanitaires.

C'est ainsi, que participant au jury du prix francophone des cinq continents, j'ai été contacté cette année comme chaque année, pour participer en tant que lecteur, mais à condition d'accepter de lire en format numérique (PDF), alors que chaque année je recevais les livres à lire puis je les renvoyais pour en recevoir d'autres de mars à juillet.

A partir de cette expérience, j'ai réellement commencé à lire de manière régulière des livres en format numérique, sur tablette.

Et je reconnais y prendre de plus en plus goût. Par voie de conséquence, je n'ai acheté que très peu de livres papier depuis mars 2020. 

Certes, c'est une lecture "aseptisée" : on ne sent plus le papier, on ne le manipule plus. Mais quel confort de lecture, surtout quand on vieillit. On peut agrandir les caractères, jouer avec la luminosité... Et la tablette se tient comme un livre.

Les libraires n'y perdront pas tout leur chiffre d'affaires puisqu'ils ont développé des plateformes de ventes.

Quant aux médiathèques, elles offrent de plus en plus d'accès à des livres numériques et sur Internet, les sites d'e-books gratuits ou non font légion.

J'ai lu en 2020, un peu plus de 200 livres dont environ 40 en format PDF ou EPUB (beaucoup plus confortables sur tablette).

Une nouvelle aventure livresque qui se poursuivra en 2021, beaucoup plus libre.

Denis

 

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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 12:41
Un bien grand mot (2e édition) de Delphine Jouenne (Auto-édition)

Un bien grand mot (2e édition) de Delphine Jouenne

(Auto-édition - 124 pages - décembre 2020)

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J'avais présenté l'an dernier le premier épisode de l'aventure "Un bien grand mot" lancée par Delphine Jouenne.

 

L'auteure, devenue "experte" sur le sens et l'origine des mots, par ailleurs conseillère en stratégie de communication, revient en cette fin d'année avec une nouvelle édition dont le principe reste le même que celui de 2019, "redécouvrir les 18 mots qui ont fait l'année, à travers leur histoire et la nôtre, pour tenter de redonner tout son sens à l'actualité".

 

L'ouvrage est préfacé par Jean-Louis Benoit, philosophe, sous forme d'une conservation avec Delphine Jouenne.

 

Alors, naturellement, l'atypique année 2020 au moins pour les occidentaux, a fait surgir des mots tels que confinement, distanciation, virus, masque, récession... 

 

Le dernier mot du recueil pourrait être un résumé de ce qui doit animer un être humain tout au long de sa vie : "COURAGE".

 

Le mot courage vient de cuer, le cœur. Jusqu'au XVIIe siècle, on employait les deux mots de façon indistincte. Cor, cordis en latin renvoie aux émotions, à l'intelligence et à la volonté, ces éléments déclencheurs du courage. La force est la toute première vertu. (...) Entre couardise et témérité, le courage articule la capacité de raisonner et de désirer.

Après avoir rappelé le contexte linguistique du mot "courage, l'auteure développe les conditions du courage : "Y aller ou pas? Aurions-nous le courage d'intervenir face à une situation qui le nécessite?

 

Une image de soignants rappelle le courage de ce personnel depuis que le virus a rempli les services d'urgences des hôpitaux dans le monde entier. 

 

Et Delphine Jouenne de conclure :" Le courage ordinaire, le courage du quotidien ne se décide pas. C'est le fruit d'un contexte, d'une confiance en soi, d'une limite dépassée. Dans une société qui se cherche, nous avons besoin de nouveaux héros, de modèles inspirants. Et le courage mène à l'héroïsme, le manque de courage mène au cynisme".

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L'intérêt d'un tel ouvrage est de nous permettre de se rappeler les moments d'une année et de réfléchir plus en profondeur sur ces mots qui font notre quotidien sans toujours bien les connaître et les maîtriser.

 

Ils font débat y compris quand on lit les pages du livre. Le courage n'a pas été que celui de telle ou telle corporation par exemple. Pour moi, chaque être humain a besoin de courage chaque matin pour assumer ses journées encore plus en 2020 où toutes les contraintes liées au virus et qui plus est pour ceux qui en sont victimes, sont des leçons de courage.

 

Lisez ce livre pour, comme au XVIIIe siècle, vivre dans l'éclairage des Lumières !

 

Merci à Camille, relation média d'Enderby Agency de m'avoir fait parvenir ce livre.

 

Et n'hésitez pas à aller sur le site dédié au livre : www.ubgm.fr

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

Un bien grand mot (2e édition) de Delphine Jouenne (Auto-édition)
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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 16:58
L'urgence d'aimer de Sofia Stril-Rever (Massot Editions)

L'urgence d'aimer : 25 médit-actions pour se réinventer

de Sofia Stril-Rever (Massot Editions - 288 pages - octobre 2020)

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Ne nous trompons pas de sujet au vu du titre du livre : ce ne sont pas des actions concernant l'amour intime, familial. L'auteure nous conduit vers l'amour de la planète et dans l'intention de la "sauver" d'une destruction annoncée.

La première partie du livre s'intitule "s'éveiller à l'unité du vivant". autour de 12 "médit-actions.

Elle s'attache  à une quête du réel tel qu'il est et tel que l'on voudrait qu'il soit et aller vers la "clarté de la connaissance.

On vit au jour le jour, sans savoir que nos actes et actions sont très souvent objets de nuisances, aussi bien en mangeant, en bougeant... en vivant de fait.

Les constats de l'auteure sont dérangeants pour notre "conforté de vie dans un occident qui reste un cocon, bien qu'il soit destructeur pour la planète et le bien-être futur.

Chaque méditation débute par un inspiration du sujet à améliorer et une expiration qui est le remède au mal évoqué.

La seconde partie s'intitule : "Sois l'amour que tu veux voir dans le monde", autour de 13 médit-actions.

L'auteure dit alors tout ce qu'elle doit aux enseignements du Dalaï-Lama et du professeur Samdhong Rinpoché.

Ce sont des médit-actions d'engagement altruiste après avoir fait son introspection.

Toutes ces clés et ces 25 médit-actions nous font donc réfléchir sur nous-mêmes et nos comportements et doivent nous permettre de les appliquer au quotidien.

 

J'avoue avoir eu du mal par moment à entrer dans l'esprit de l'auteure et dans son style pour aborder ces sujets mais justement il faut se forcer à l'écouter et la comprendre pour en tirer les meilleurs enseignements possibles.

Entrez avec elle dans un univers plus humain et plus "responsable".

Bonne lecture,

Denis

 

Merci à Anne de m'avoir adresser ce livre en service de presse des éditions Massot.

 

L'urgence d'aimer de Sofia Stril-Rever (Massot Editions)
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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 12:43
Les Oxenberg & les Bernstein de Catalin Mihuleac (Editions Noir sur Blanc)

Les Oxenberg & les Bernstein de Catalin Mihuleac

(Editions Noir sur Blanc - Août 2020 - 304 pages)

Traduit du roumain par Marily Le Nir

Ce roman a reçu le prix Transfuge du meilleur roman européen 2020

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Deux périodes s'alternent et deux familles sont passées au crible dans ce roman où l'humour juif permet de passer les époques même les plus terribles avec une apparence de "bonne humeur".

 

Le titre à lui seul permet de comprendre que l'on va suivre "de nos jours" les Bernstein, famille prospère aux USA et dans les terribles années 1930-1940, les Oxenberg en Roumanie.

 

"Bernstein Vintage Ltd" est une entreprise américaine prospère qui collecte des affaires vintages pour les revendre dans le monde entier. Le Japon et la Roumanie sont deux pays phares pour la famille.

 

L'histoire de cette famille est racontée avec le "je" de Sinziana (Suzy Bernstein pour les USA). D'origine roumaine, elle a été chargée d'accueillir cette famille dans son pays : Dora et son mari Joseph (dit Joe)et leur fils Ben pour préparer leur futur collaboration avec la Roumanie. Ben la demande en mariage et elle part vivre aux USA. Elle va alors largement participer au développement des affaires de sa nouvelle famille.

 

Par chapitres alternés, en parallèle donc, est racontée par un narrateur neutre, l'histoire des Oxenberg, beaucoup moins heureuse de par le contexte politique. Pourtant tout semblait sourire à cette famille. Jacques, brillant obstétricien spécialisé et réputé pour les césariennes, avait pu acheter une belle Citroen Rosalie, dont le nom sonnait bien avec le prénom de son épouse, Roza. Deux beaux enfant sont nés de leur union : Golda et Lev. C'est donc bien une famille juive bourgeoise dans la Roumanie des années 1930,à Iasi, ville paisible. Seulement, le nazisme a pris le pouvoir et très vite les roumains prennent le pli hitlérien pour humilier les juifs et commencer à les harceler, les menacer.

 

Jacques espère passer au travers des menaces de par ses contacts avec les dignitaires roumains. Il a tellement accouché de femmes qu'il pense être immunisé contre tout excès politique à l'égard de sa famille.

 

C'est alors que l'auteur nous entraîne dans cette tragédie peu connue du pogrom de Iasi du 27 juin 1941 qui a tué plus de 13 000 juifs. Tout commence par une rafle dont n'échappe pas dans le roman les Oxenberg, puis pour les survivants le départ en train vers une autre ville roumaine, avec très peu de survivants.

 

Vous aurez sans doute compris qu'à un moment il y aura un croisement entre les deux histoires.

 

C'est tout l'art de Mihuleac de nous tenir en haleine. Comme je le disais l'humour aide à mieux accepter les descriptions qui sont parfois difficiles à supporter, sachant que par moments le lecteur n'est pas forcément en capacité d'aimer ces propos "décalés".

 

Toutefois, l'ensemble reste très cohérent et revivre ces moments historiques incluant la période "communiste" de Ceausescu,  à travers l'histoire de Dora, permet de mieux connaître la vie en Roumanie au XXe siècle.

 

N'hésitez pas à lire ce livre à la fois historique mais surtout littéraire car il y a un réel travail d'écrivain pour aborder l'aventure des ces deux familles.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

 

Les Oxenberg & les Bernstein de Catalin Mihuleac (Editions Noir sur Blanc)
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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 17:40

Les Gens qui doutent


Anne Sylvestre


J'aime les gens qui doutent, les gens qui trop écoutent leur cœur se balancer
J'aime les gens qui disent et qui se contredisent et sans se dénoncer
J'aime les gens qui tremblent, que parfois ils ne semblent capables de juger
J'aime les gens qui passent moitié dans leurs godasses et moitié à côté


J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons


J'aime ceux qui paniquent, ceux qui sont pas logiques, enfin, pas "comme il faut"
Ceux qui, avec leurs chaînes pour pas que ça nous gêne font un bruit de grelot
Ceux qui n'auront pas honte de n'être au bout du compte que des ratés du cœur
Pour n'avoir pas su dire "délivrez-nous du pire et gardez le meilleur"


J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons


J'aime les gens qui n'osent s'approprier les choses, encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être, qu'une simple fenêtre pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme et daltoniens de l'âme ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires pour que jamais l'histoire leur rende les honneurs


J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons


J'aime les gens qui doutent mais voudraient qu'on leur foute la paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène jamais quand ils promènent leurs automnes au printemps
Qu'on leur dise que l'âme fait de plus belles flammes que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie qu'on leur dise, on leur crie "merci d'avoir vécu!"


Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu


Source : LyricFind

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